Comment les bookmakers calculent leurs côtes ?

Bureau avec une calculatrice et des papiers représentant des graphiques et des tableaux

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour un article pour continuer de comprendre les bookmakers. Nous allons voir que la mécanique est assez simple au premier abord mais également complexe à mettre en œuvre. Nous verrons ensuite qu’une fois que la côte est calculée le travail du bookmaker n’est pas terminé, elle évolue sans cesse jusqu’au début du match. Nous aborderons en fin d’article les côtes live et pourquoi elles évoluent autant.

Calculer des côtes d'ouverture de marché

Si vous êtes un parieur régulier, vous avez une petite idée sur la question. Pour les débutants, c’est peut être plus flou mais vous allez voir que la réponse est assez logique, ils analysent les mêmes données que tous les parieurs : les données statistiques et les actualités.

Grâce à cette analyse il détermine ce que l’on appelle une probabilité de survenance de l’événement. Par exemple, il va calculer que les probabilités de victoire de chaque équipe (pour simplifier la suite des calculs, nous prendrons l’hypothèse qu’il ne peut pas y avoir match nul). Admettons qu’il détermine que l’équipe A a une probabilité de gagner de 70% et 30% pour l’équipe B. Cela signifie que le bookmaker pense que si le match est joué 10 fois, l’équipe A gagnera 7 fois le match et 3 fois sur 10 c’est l’équipe B qui remportera le match.

Maintenant qu’il a mis un pourcentage sur chaque issue du pari, il va le transposer en côte grâce à la formule suivante : côte = 1 / probabilité. Pour notre exemple, 70% de chance de gagner devient donc 1.42 et 30% de chance de gagner devient 3,33. Et c’est tout ? Pas tout à fait …

Si vous vous souvenez de notre 1er article sur les bookmakers, nous avons vu qu’il faut que le bookmaker s’arrange pour être sûr de gagner de l’argent quelle que soit l’issue du match. Par conséquent, il doit faire évoluer les côtes pour que sa marge pré-redistribution des gains soit égale à son souhait : 5%, 10%, 15%, 20%, … Pour rappel, pour faire ceci il doit calculer ce qu’on appelle le Taux de Retour aux Joueurs (TRJ). 

Rappel de la formule :

100 / (( 1 / cote1 ) + ( 1 / cote2))

Soit pour notre cas : 

100 / (( 1 / 1,42 ) + ( 1 / 3,33)) = 99,5%

une marge de 0,5% … Pas beaucoup beaucoup …

Le bookmaker doit donc modifier les côtes pour s’assurer une marge plus importante. Le plus simple est de baisser les deux côtes de la marge qu’il souhaite faire. Par exemple s’il souhaite faire 15% de marge sur ce pari, cela donnerait les calculs suivant :

Côte 1 : 1,42 – 15% = 1,21 / Côte 2 : 3,33 – 15% = 2,83
TRJ associé : 100 / (1/1,21 + 1/2,83) = 84,61%

Cela devient bien plus intéressant pour le bookmaker ! Il va maintenant pouvoir publier ce que l’on appelle la côte d’ouverture du marché ou la “open odd” en anglais.

Une fois la côte calibrée, le bookmaker va la faire évoluer (à la hausse ou à la baisse) en fonction de 2 types d’informations : 

  • une actualité sur un joueur ou sur l’une des équipes vient d’apparaître et change les analyses réalisées auparavant
  • les mises des parieurs  

Les actualités de dernières minutes

Pile de papier

Les bookmakers publient les côtes d’ouverture des paris environ 1 semaine avant le match. Lorsqu’ils calculent les côtes pour la 1ère fois ils se basent sur les informations disponibles à l’instant t. Mais il y a toujours des informations publiées dans la semaine précédent un match ou une compétition.

Gardien de but titulaire qui se blesse à l’entraînement, joueur qui tombe malade 3 jours avant le match, entraîneur licencié après une énième défaite, tension dans les vestiaires, … beaucoup d’informations peuvent sortir et changer les probabilités.

Tout comme les parieurs sportifs, les bookmakers récupèrent ces informations au fur et à mesure qu’elles sont publiées et vérifient les côtes déjà proposées. Ils s’assurent qu’elles correspondent toujours au plus près des probabilités recalculées et font évoluer les côtes si ce n’est pas le cas.

Les mises des parieurs

L’autre information qui fait évoluer les côtes sont les mises des parieurs et surtout des joueurs identifiés comme gagnants.

Imaginons que le bookmaker ait un bug dans l’un de ces algorithmes ou qu’il n’a pas pris en compte une actualité. Il proposera probablement une côte plus élevée que souhaitée. Par conséquent, certains parieurs identifieront cette côte mal positionnée de leur point de vue : ils ont trouvés ce que l’on appelle un “value-bet”. Ces côtes mal positionnées (trop hautes) intéressent les parieurs sportifs car ce sont elles qui sur le long terme feront d’eux des parieurs gagnants (nous reviendrons sur le value-bet dans un prochain article). 

Si le bookmaker ne prête pas attention aux mises des parieurs sur cette erreur, il risque d’avoir beaucoup plus de mises qu’il pensait. Par conséquent l’équilibre entre les mises sur les différentes issues ne sera plus au rendez-vous et le TRJ ne suffira plus à lui garantir de gagner de l’argent quelle que soit l’issue du match. Le bookmaker se doit donc d’analyser l’évolution des mises des joueurs pour, par exemple, faire baisser la côte la plus jouée et faire monter la côte la moins jouée pour inciter plus de parieurs à jouer l’autre afin de rééquilibrer les mises.

Le cas Pinnacle

Comme nous l’avons vu, Pinnacle est un bookmaker à part parmi ses concurrents. En effet, il ne limite pas les parieurs qui sont gagnants mais il les identifie et suit de très près leurs prises de pari.

Dès qu’un parieur taggué “gagnant” place un pari, Pinnacle va lancer un ensemble de vérification sur la côte qui a été jouée : A-t-il trouvé une information que je n’ai pas encore ? A-t-il interprété une statistique différemment de moi ? Ai-je fait une erreur dans mon calcul de côte ? Peut-être faut-il la baisser pour éviter de perdre trop d’argent car d’autres parieurs vont trouver cette erreur également.